Les dispositifs

Les 4 dispositifs

Dans une perspective de différenciation, les éléments pouvant en faire l’objet sont : les contenus (ce que l’élève apprend), les productions (comment l’élève montre ce qu’il a appris), les structures (l’environnement dans lequel se font les apprentissages et l’évaluation) et les processus (comment se font les apprentissages et l’évaluation). Ces éléments sont généralement interreliés et dans tous les cas impliquent une variation dans le soutien accordé aux élèves. On peut difficilement intervenir par rapport à un d’entre eux sans toucher aux autres. L’application de la différenciation en classe peut prendre différentes formes et intensités. Le degré de différenciation dans une classe se fera en fonction des besoins des élèves, de la connaissance qu’en a l’enseignant, des possibilités qu’il a de tenir compte des différences et de sa capacité à mettre en place des structures différenciées. Enfin, la différenciation pédagogique implique le partage des responsabilités avec les divers intervenants scolaires.

Différencier les contenus (Ce que l’élève apprend)

Certains élèves peuvent apprendre, comprendre et faire certaines choses pendant que d’autres apprennent,comprennent et font d’autres choses. Les contenus se définissent par ce que les élèves vont apprendre et le matériel qui sera utilisé à cette fin. Différencier les contenus permet de détecter les forces et les faiblesses des élèves. Pour différencier de ce point de vue, il est nécessaire de maîtriser le Programme de formation de l’école québécoise afin de pouvoir définir ce qui est prescriptif (ce que tous doivent apprendre) et ce que certains des élèves ou la plupart d’entre eux apprendront. On pourra utiliser du matériel scolaire de nature variée. Une mise en garde s’impose toutefois; l’utilisation de textes variés ou de problèmes de mathématique diversifiés doit se faire en tenant compte des apprentissages visés. Une trop grande simplification des situations proposées à l’élève peut être contreproductive pour les apprentissages visés. Il s’agit en fait de varier et d’ajuster les tâches en fonction de l’évolution de la compétence considérée afin de s’adresser à l’élève à l’intérieur de sa zone proximale de développement.

Différencier les structures (L’environnement dans lequel se font les apprentissages et l’évaluation)

L’enseignant ne pouvant être partout au même moment, il est nécessaire de pouvoir différencier les structures pour réellement faire de la différenciation pédagogique. Cela peut se faire en classe, à l’intérieur d’un cycle ou dans toutel’école. Généralement, cela se fait à l’intérieur de la classe. Cette différenciation peut avoir lieu en variant des activités en groupe, en sous-groupes et individuelles, tout en facilitant le travail d’entraide en formant les sous-groupes selon différents modes (aléatoires, selon les besoins et les goûts) et en aménageant la classe en conséquence.

Différencier les processus (Les moyens avec lesquels se font les apprentissages et l’évaluation)

Il s’agit de varier les moyens et les situations d’apprentissage en tenant compte des diverses manières dont les élèves traitent l’information pour favoriser l’apprentissage visé. Pour se faire, on peut varier les approches pédagogiques :enseignement stratégique, enseignement par médiation, apprentissage coopératif, pédagogie par projet, etc. Les stratégies d’enseignement privilégiées doivent être suffisamment hétérogènes de façon à tenir compte de la diversité des styles cognitifs présents en classe. Ces stratégies sont de différentes natures : il y a les stratégies socioconstructivistes (projet, tutorat, apprentissage coopératif), les stratégies interactives (débats et groupes de discussion), les stratégies de travail individuel (apprentissage par problèmes et études de cas) et les stratégies magistrales (exposées et démonstrations).

Différencier les productions (Comment l’élève montre ce qu’il a appris)

C’est permettre aux élèves d’utiliser des véhicules différents pour montrer ce qu’ils ont appris ou compris du contenu. La différenciation des productions nous amène à parler de l’évaluation. Dans ce contexte, enseignement et évaluation sont indissociables et se poursuivent dans la régulation. Un des principes de base de la différenciation pédagogique se fonde sur l’évaluation et sur des ajustements continus. Si nous proposons des activités et un contenu qui tiennent compte des différences, nous devons aussi permettre à l’élève d’illustrer ses apprentissages de façons diversifiées. Les formes que peuvent prendre les productions de l’élève sont multiples : production écrite ou orale, exposition et présentation multimédia. De plus, ces modes de communication peuvent varier d’un élève à l’autre.

Source : Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. La différenciation pédagogique : théorie et applications. Groupe de travail sur la différenciation pédagogique en Outaouais.  Synthèse des travaux réalisés dans le contexte des priorités du Comité régional de coordination pédagogique (CRCP).  Bibliothèque nationale du Québec, 2005, pages 24-28.